Isack Hadjar a connu un début de saison contrasté en Formule 1. Après avoir suscité l’enthousiasme lors de ses premières apparitions au volant de la Racing Bulls, le pilote français de 20 ans découvre la rigueur implacable du monde Red Bull. Son Grand Prix de Bahreïn marque un premier tournant, où les éloges laissent place à la critique. Recruté à la surprise générale, Hadjar n'était pas un choix évident pour occuper un baquet aussi convoité. Son expérience limitée en F1 ne jouait pas en sa faveur, mais le contexte interne à Red Bull lui a ouvert la porte.
Malgré un abandon frustrant en Australie dès le tour de formation, le Français s’est vite repris. En Chine, il signe une belle performance en se hissant en Q3, même s’il manque les points en course à cause d’une stratégie peu inspirée. C’est finalement au Japon qu’il ouvre son compteur en décrochant un premier point. De quoi alimenter les éloges d’Helmut Marko, conseiller influent chez Red Bull, qui n’hésitait pas à qualifier Hadjar de "véritable révélation", impressionné par sa rapidité et sa capacité à être immédiatement dans le rythme.
Bahreïn : un GP difficile et un Marko moins clément
Mais l’euphorie n’a pas duré. À Bahreïn, Hadjar est brutalement rappelé à la réalité du très haut niveau. Sur un circuit particulièrement difficile pour la Racing Bulls, il ne parvient pas à se qualifier dans le top 10, échouant à la 12ème place sur la grille. Son départ est catastrophique, marqué par un patinage excessif, ce qui le relègue rapidement hors du coup. Il termine finalement 13ème, sans inscrire le moindre point, dans une course qu’il aurait pu mieux négocier sans ce départ raté.
Helmut Marko, toujours très attentif aux performances de ses jeunes pilotes, a changé de ton. Cette fois, plus de compliments dithyrambiques : "Il a beaucoup patiné au départ et a manqué d’agressivité en qualifications. En Formule 1, il faut repousser les limites."
Derrière cette déclaration se cache un message clair : l’indulgence a des limites chez Red Bull. Ce genre de remarques, venant de Marko, a souvent des allures de mise en garde, surtout dans une filière connue pour sa dureté envers ses espoirs.
Hadjar ne se dérobe pas : lucidité et volonté de rebond
Face à cette première salve de critiques, Isack Hadjar a fait preuve de maturité. Il reconnaît sans détour ses erreurs et ne cherche pas d’excuses. Concernant son envol manqué, il avoue avoir ressenti un malaise persistant depuis les essais : "Dès le début du week-end, nos départs étaient mauvais. Je manquais de confiance, et ça s’est vu. Le patinage m’a coûté plusieurs places. Ensuite, j’ai dû cravacher pour remonter."
Malgré cette déconvenue, Hadjar estime que la stratégie d’undercut aurait pu fonctionner s’il avait conservé sa position après le premier virage.
Le Français ne baisse pas les bras. Avec quatre points marqués depuis le début de saison, il occupe actuellement la 15ème place au classement F1 des pilotes, juste derrière Yuki Tsunoda, son ancien coéquipier aujourd’hui promu chez Red Bull. Cette position reste honorable pour un débutant, mais la pression monte. Dans l’environnement Red Bull, le moindre faux pas peut coûter cher. Hadjar le sait : il devra rapidement transformer ses promesses en résultats concrets s’il veut pérenniser sa place au sein de l’élite.


